(Complément à l’article paru dans les Huitièmes annales des Rencontres archéologiques des amis du Passé de Saint-Céré en 2000)
Origine et recyclage du carquois
Mais qui ne servent à rien sur le carquois, ce qui laisse penser que le carquois a été bricolé à partir d’une hotte usagée. En conséquence la forme des hottes de Hallstatt a été mise au point bien avant le premier millénaire, et était connu dès le néolithique.
Par François Moser et les stagiaires des stages d’archéologie expérimentale organisés par le Musée Labenche d’art et d’histoire à l’Ecole des Vergnes, commune de Brive-la-gaillarde
Fragments de sparterie : hotte ou sac
En 1995 et 2000 nous avons montré que le fragment de tissage (sparterie) cordé en herbe « fine des alpes »,sans doute du carex, pouvait être un fragment de sac à dos ou de hotte.
Limites des reconstitutions
La reconstitution graphique du musée de Mayence ne montrait pas d’augmentation perceptible du nombre de brins entre le cou et les épaules, pas plus que les reconstitutions en matériaux périssables du musée des Merveilles à Tende et celle figurant sur la publication de A. Fleckinger et N. Steiner.
Problème de l’encolure
Sur ce mannequin l’encolure est si large que le cou n’est pas protégé de la pluie et que l’on se demande comment le manteau peut tenir.

Nous avons donc tenté de répartir autrement les herbes de la chaîne en prévoyant de pouvoir doubler le nombre de montants entre l’encolure et les épaules. Partant d’un tour de cou de 42, il fallait un tour d’épaule de 84 (ce sont les normes quand on confectionne une chemise par exemple).
Expérimentation de fabrication
Nous avons donc préparé quarante gerbes de carex que nous avons assemblées en faisant un cordé à deux torons les serrant en leur milieu. Nous avons ensuite replié les torons et refait un rang n’ayant encore que quarante gerbes en chaîne. Le rang de trame suivant a été exécuté en mettant tous les torons côte à cote : nous obtenions ainsi un une nappe de 84 torons en chaîne La suite de la construction du manteau n’a pas posé de problème.

L’observation des fragments des vestiges de sparterie et d’une carte postale japonaise nous a conduit à une autre hypothèse qui tient compte de la présence de cheveux dans la bordure et du port du sac à dos.(Rappelons que la veste de cuir porte, aux épaules des marques caractéristiques de l’usure par des courroies de sac à dos ou de hotte.)
Pour réaliser un manteau à capuchon il suffit de faire une surface plane comme le montre la figure ci contre, de replier l’ouvrage, et de le coudre à son sommet. De petits liens attachés à la bordure permettent de le tenir fermé.
Un tel vêtement protège son porteur et sa charge.
En conclusion il apparaît que la première hypothèse de cape dessinée peu après la découverte ne peut-être rejetée à priori car la technique décrite plus haut donne un aspect très voisin de celui montré par la photo publiée par le musée de Mayence. Il reste que l’on se demande comment il pouvait aussi porter une hotte et tirer à l’arc avec un tel manteau.
A propos du sac à dos et du carquois
D’un sac à dos éventuel n’a été retrouvé qu’une armature en noisetier comparables à celle en aluminium de nos modernes sacs d’alpinistes associée à de nombreuses courroies. Il ne faut pas négliger les traces d’usure observées sur les épaules de la veste en peau.
En examinant les hottes des mineurs de Hallstatt 1 on est frappé par leur ressemblance avec le carquois d’Otzi : La technique de montage de la barre de renfort est la même, et surtout le carquois est pourvu d’une sorte de rabat constellé de trous allongés retenant par endroit de fines courroies. Les hottes de Hallstatt présentent les mêmes agencements qui permettent de renforcer et de rigidifier l’ouverture
BALFET H. 1952 : La vannerie, essai de classification. L’Anthropologie N°56 pp. :259 279
EGG M. et col. 1993 : Die Gletscermumie von ende der steinzeit aus den Ötztaler Alpen Jahrbuch des Römish-Germanischen Zentral museums 39 Mainz 1993
ISSN 0076-2741
FLELJKINGER A & STEINER H. 1999:L’Homme des glaces Edition Folio Bolzano(Italie) ISBN / 3-85256 –133.7
Cl. A. MAILLIER

Dessin de Julia Ribbeck Harmut au Schmidt,Musée de Mayence.
Il faut distinguer la vannerie tissée de la vannerie spiralée cousue

La vannerie tissée utilise toutes sorte de tiges souples ; osier , clématite, noisetier
la vannerie spiralée cousue utilise des tiges de graminées (seigle orge blé folle avoine) carex et aussi aiguilles de pin etc ? Ces tiges groupées en un faisceau de diamètre constant sont liées avec des éclisses de noisetier ou bien des écorces de ronce ou encore des cordelettes en liber de tilleul ou de peuplier
Il sera bon de prévoir quelques corbeilles en sachant que les rares exemplaires conservés sont très proches de ceux qui se faisaient il y a peu il sera aisée de les faire en vannerie spiralée cousue


Orientation bibliographique
ANQUETIL J. 1979 : La vannerie, Encyclopédie des métiers d’art Paris Dessain et Tolra/Chêne édit. Paris.
MOSER F. 2000: Du bon usage de la sparterie, Annales des VIII° rencontres archéologiques de saint-Céré (Lot).
voir Annales N°VIII, ces observations nous avaient conduit à envisager que les vestiges qui servent de base à cette étude correspondaient à ceux d’un sac à dos, Hypothèse que nous ne réfutons cependant pas.
1 Hallsatt est un bourg d’Autriche célèbre pour ces mines de sel exploitées dès le premier Age du Fer